Thérapie EMDR sans gros traumatisme : illustration d’une personne réfléchissant dans un cabinet de psychologue à Strasbourg.

Peut-on faire de l’EMDR sans avoir vécu un « gros » traumatisme ?

Beaucoup de personnes hésitent à consulter en EMDR parce qu’elles pensent ne pas avoir vécu un traumatisme « suffisamment grave ».

Elles disent souvent :

  • « Je n’ai jamais eu d’accident. »
  • « Je n’ai pas été agressé. »
  • « D’autres ont vécu bien pire que moi. »
  • « Je ne mérite peut-être pas ce type de thérapie. »

Pourtant, l’EMDR ne s’adresse pas uniquement aux personnes ayant vécu des événements exceptionnels. Elle peut également être indiquée lorsque certaines expériences de vie continuent d’avoir un impact émotionnel, même si elles semblent, en apparence, moins spectaculaires.

Qu’appelle-t-on un traumatisme ?

Dans le langage courant, on associe souvent le traumatisme à un événement dramatique : accident grave, catastrophe, violence ou guerre.

En psychologie, la question est plus nuancée.

Ce qui compte n’est pas seulement l’événement lui-même, mais la manière dont il a été vécu et intégré par la personne. Deux individus peuvent vivre une situation similaire et réagir très différemment.

Un événement peut devenir traumatique lorsqu’il dépasse momentanément les capacités d’adaptation de la personne et laisse une empreinte émotionnelle durable.

Les « petits traumatismes » existent-ils ?

Oui.

Les thérapeutes parlent parfois de traumatismes avec un grand « T » et de traumatismes avec un petit « t ».

Les traumatismes avec un grand « T » correspondent aux événements graves mettant en danger l’intégrité physique ou psychique.

Les traumatismes avec un petit « t » désignent des expériences qui peuvent sembler ordinaires mais qui, répétées ou vécues à certains moments de la vie, laissent des blessures émotionnelles importantes.

Par exemple :

  • des humiliations répétées à l’école ;
  • un harcèlement scolaire ;
  • des critiques permanentes durant l’enfance ;
  • un sentiment de rejet ;
  • une séparation difficile ;
  • une maladie d’un proche ;
  • un licenciement vécu comme un échec ;
  • des conflits familiaux répétés ;
  • des expériences de solitude ou d’abandon.

Pris isolément, chacun de ces événements peut sembler « supportable ». Pourtant, leur accumulation peut fragiliser durablement l’équilibre émotionnel.

Quand ces expériences continuent d’agir

Certaines personnes ont l’impression que ces événements appartiennent au passé.

Pourtant, elles continuent aujourd’hui à :

  • manquer de confiance en elles ;
  • avoir peur du regard des autres ;
  • vivre une anxiété importante ;
  • éviter certaines situations ;
  • ressentir une forte culpabilité ;
  • revivre certaines scènes malgré elles ;
  • réagir de manière disproportionnée dans certaines situations.

Ces réactions peuvent être le signe que certaines expériences n’ont pas été complètement « digérées » par le cerveau.

Comment l’EMDR peut aider

L’EMDR vise à favoriser le retraitement de souvenirs qui restent émotionnellement bloqués.

L’objectif n’est pas d’effacer les souvenirs, mais de diminuer la charge émotionnelle qui leur est associée afin qu’ils prennent une place plus apaisée dans l’histoire de la personne.

Lorsque ces souvenirs sont mieux intégrés, les réactions actuelles deviennent souvent moins envahissantes et la personne retrouve davantage de liberté dans son quotidien.

Faut-il avoir identifié un traumatisme précis ?

Pas nécessairement.

Certaines personnes savent exactement quel événement les fait souffrir.

D’autres ressentent simplement un mal-être, une anxiété chronique, un manque de confiance ou des réactions émotionnelles qu’elles ne comprennent pas.

Le travail thérapeutique permet alors d’explorer progressivement l’histoire de vie afin d’identifier les expériences qui ont pu contribuer aux difficultés actuelles.

L’EMDR est-il adapté à tout le monde ?

Comme toute approche thérapeutique, l’EMDR nécessite une évaluation préalable.

Lors des premières consultations, le thérapeute prend le temps de comprendre votre histoire, vos difficultés actuelles et vos objectifs afin de déterminer si cette méthode est adaptée à votre situation ou s’il est préférable de commencer par un autre travail thérapeutique.

En conclusion

Vous n’avez pas besoin d’avoir vécu un événement spectaculaire pour souffrir réellement.

Si certaines expériences du passé continuent d’influencer votre vie actuelle, il peut être utile d’en parler avec un professionnel.

L’EMDR peut être une approche pertinente lorsque des souvenirs ou des expériences anciennes continuent d’alimenter l’anxiété, le manque de confiance, certaines peurs ou des réactions émotionnelles difficiles à comprendre.

Si vous souhaitez savoir si cette approche pourrait vous convenir, je vous accueille à Strasbourg pour une première consultation afin d’évaluer ensemble votre situation.